annoncer sa grossesse à son patron

Annoncer sa grossesse à son employeur : pourquoi c’est toujours si compliqué ?

L’annonce d’une grossesse est bien souvent source d’un immense bonheur pour les futurs parents et leur entourage. Bien que cette révélation s’accompagne de félicitations et de joie, une femme peut avoir du mal à annoncer sa grossesse à son employeur. Car l’accompagnement des jeunes et futures mamans n’est pas toujours bien mis en place en entreprise…
Nous avons interrogé Marie-Alphée, responsable RSE chez JOONE, qui nous explique pourquoi c’est compliqué pour les uns et les autres, et nous donne des pistes d’amélioration possibles pour que tout se déroule au mieux !

Annoncer sa grossesse à son employeur : pourquoi ça peut mal passer ?

Qui dit grossesse, dit congé maternité. En France, il est fixé à 16 semaines, mais peut durer jusque 49 semaines selon le type de grossesse. Certains employeurs peuvent être désemparés face à la mise en place de ce congé essentiel, inévitable et obligatoire, et pour cause :
Il implique un remplacement de plus ou moins courte durée pour combler l’absence de la future maman. Souvent, cela veut dire : un recrutement, une formation, une bonne intégration… et donc un coût financier.
Et pour les petites structures (PME, start-up…), ça peut paraître encore plus compliqué, car elles disposent d’encore moins de ressources humaines et financières. 

Ce sont d’ailleurs souvent ces justifications qu’on énonce à demi mot pour justifier les discriminations à l’embauche, ou les différences de salaire entre les deux hommes et les femmes…

Le retour au travail : quelles conséquences ?

Une fois la grossesse passée, il est l’heure de retourner au travail. Un moment qui peut sembler excitant pour la jeune maman, mais qui peut aussi se révéler plus compliqué que prévu (pour elle et pour les équipes).

Coté employeur : 

Le retour au travail peut parfois être perçu avec inquiétude, et ce pour deux raisons : 

  • Le temps partiel. Aujourd’hui 29,3% des femmes travaillent à temps partiel et cette décision de mi-temps intervient souvent après un retour de congé maternité. Jusqu’aux 3 ans de l’enfant, l’employeur a l’obligation légale d’accepter cette demande.
  • Le désengagement psychologique . Entre la poursuite de l’allaitement au travail, les problèmes de nounou… Certains employeurs peuvent craindre un certain “manque de productivité” de la jeune maman, qui passerait la plupart de son temps à s’inquiéter pour son nouveau né…

Coté jeune maman : 

Pour elle la joie de retrouver ses collègues peut parfois être en demie teinte :

  • La culpabilisation par son entourage. “Quoi ? Tu reprends déjà le travail ? Il est si petit pourtant…”
  • La motivation. La reprise du travail, lorsqu’elle s’accompagne d’un temps partiel implique forcément une baisse de salaire et peut-être de motivation (surtout lorsque la mère se rend que son salaire comble à peine les frais de garde de son bébé.)
  • La poursuite de l’allaitement. Bien qu’il soit légal d’aménager son temps de travail pour tirer son lait (voire allaiter sur place), c’est parfais dur de s’organiser : Où ? Quand ? Comment ? Ces interrogations sont sources de stress qui peut mettre en péril la poursuite l’allaitement… 

Comment bien accompagner les (futures) mamans en entreprise ? 

Pour nous aider à répondre à cette question, nous avons interrogé Marie-Alphée, responsable RSE chez JOONE . Elle nous donnes 7 pistes à suivre pour anticiper et proposer une politique globale d’accompagnement : depuis l’annonce de la grossesse jusqu’au retour au travail de la femme.

  1. Etablir une charte éthique / charte de la parentalité . Cette charte doit s’adresser à tous les employés et être consultable par tous. Il est important de prendre en compte les droits des futures et jeunes mamans, mais aussi de ne pas oublier l’autre parent. 

  2. Prévoir un plan de réorganisation. Il permettra d’anticiper les départs dus à des congés maternité, mais aussi de mieux appréhender les arrêts maladie, ou les arrêts pour enfants malades. 

  3. Former les managers à des entretiens individuels à 3 et 6 mois de grossesse. L’objectif : redéfinir les objectifs collectifs et individuels, pour bien anticiper les missions de chacuns.

  4. Orienter la femme enceinte vers un médecin du travail. Elle pourra trouver tous les conseils et recommandations nécessaire pour allier naissance et reprise du travail. 

  5. Anticiper le remplacement . Organiser un recrutement en amont, quelques semaines avant le départ en congé maternité. Cela peut être une solution efficace pour une passation en douceur au moment du départ en congé maternité. Idem lors du retour de congé mat où il vaut mieux prévoir un temps réadaptation. 

  6. Communiquer. Avec l’équipe, avec l’employeur, avec la future maman… Tout le monde doit être au courant pour pouvoir anticiper à son niveau.

  7. Aménager l’espace de travail, le matériel et le temps . Si cela est possible, l’entreprise peut installer des salles d’allaitement, une micro-crèche, etc. Ou même décider de proposer une flexibilité des horaires ou du télétravail.

Ainsi, les entreprises peuvent anticiper le congé maternité afin de mieux gérer le “pendant” et “l’après”, et éviter cette nouvelle source de stress pour les futures mamans.

Le Saviez Vous ?

La loi prévoit l’obligation d’annoncer sa grossesse à son employeur uniquement avant de partir en congé maternité.
Si vous êtes enceinte et salariée, vous n’êtes donc pas tenue de le révéler :

  • ni au moment de votre embauche
  • ni pendant l’exécution de votre contrat de travail.

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