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Peut-on “trop” aimer son enfant ?

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Le 11 Déc 2020

Quand on parle souvent d’amour inconditionnel pour décrire le lien d’un parent et son enfant. D’ailleurs dès la naissance du bébé, un lien d’attachement particulier se crée entre lui et sa mère ; aidé par la production d’hormones, cette phase qu’on appelle le “quatrième trimestre” (ou le “continuum”) rappelle que la proximité physique et psychique mère-enfant est nécessaire, pour la maman comme pour le bébé.
Mais les jeunes parents entendent souvent l’entourage dire “tu es trop sur son dos”, “laisse le vivre”… et on peut alors se demander si on aime “trop” son enfant ? Et si c’est bon pour lui ? Voici quelques éléments de réponse apportés par des psychologues.

1. L’amour maternel inconditionnel

L’overdose d’amour est assez fréquente chez les parents. Elle intervient souvent dès la naissance, face à l’émerveillement de ce petit être tant attendu, pendant 9 mois (voire plus).
Les explications sont en partie d’ordre physiologique. Par exemple, en temps normal, le cerveau d’un adulte réagit à une information en 250 millisecondes. Lorsqu’il s’agit d’un jeune parent avec son bébé, le temps de réactions est écourté à 50 millisecondes au son qu’il produit, et 140 millisecondes à sa vue !
Idem : 2 jours après sa naissance, le bébé dégage une odeur qui active la zone de récompense du cerveau de la maman… Autant de raisons qui rendent les parents “accro” à leur bébé !
Une autre explication est de l’ordre psychologique, liée au désir d’enfant et à l’idéalisation qu’on en fait pendant la grossesse. Certains parents compensent aussi un manque d’amour reçu pendant leur propre enfance, ou bien reproduisent le modèle qu’ils ont vécu.

2. Est ce que c’est bon pour le bébé ?

Certains psychologues estiment que l’excès d’amour peut empêcher l’enfant de vouloir se créer d’autres figures d’attachement, et de facto d’aller socialiser avec d’autres adultes ou d’autres enfants. La relation exclusive avec un parent pourrait donc le replier sur lui-même, et l’empêcher d’aller à la découverte du monde.

Certains signes peuvent alerter le parent sur le caractère potentiellement excessif de leur relation avec leur enfant. Parfois, c’est l’enfant qui, spontanément, se met à repousser le parent.

3. Mieux vaut trop ou pas assez ?

Si le surplus d’amour peut certes empêcher le bébé de s’ouvrir au monde, tôt ou tard, il finira par s’émanciper. On a tous en tête l’âge de l’opposition à 2 ans, ainsi que la fameuse crise d’adolescence.
Le manque d’amour, à l’opposé, aura des conséquences bien plus néfastes sur le long terme ! En effet, il impacte la construction de la personnalité et le futur comportement de l’adulte. Un enfant en manque affectif peut devenir un adulte avec un déséquilibre émotionnel important.

Côté papa…

A la naissance, la mère s’impose généralement comme figure d’attachement. Mais il arrive que ce lien ait du mal à se mettre en place (par exemple quand la maman souffre de baby blues). Dans ce genre de cas, il est important que le père (ou le second parent) puisse prendre le relais. Il doit pouvoir s’imposer comme une forte figure d’attachement, afin d’équilibrer la relation mère-enfant, si besoin.
Le père devrait être investi dès la grossesse pour que la “dose d’amour” soit équilibrée. En aidant la future maman, en la sécurisant, en participant à des séances d’haptonomie pour nouer le lien avec le futur bébé, le futur papa se crée un statut de “père précoce”.
Cette notion a été introduite dans la commission des 1000 premiers jours développés par le gouvernement en collaboration avec des scientifiques et psychologues.

Dans tous les cas, sachez que c’est vous, parents, les plus à même de comprendre les besoins de votre enfant. Le fait même que vous vous posiez la question : “Est ce que j’aime trop mon enfant ?” montre que vous savez prendre du recul, et que vous êtes très certainement dans le bon équilibre. Enfin, chaque enfant a des besoins spécifiques que les parents sont les plus à même de comprendre.

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