Bébé boude tous les légumes que je lui propose

Votre bébé recrache toute son assiette de légumes ? On vous dit comment régler ce problème.

Les légumes et bébé : beurk “z’aime pas ça”. Phrase devenue culte depuis des mois quand il faut passer à table, vous savez que vous allez devoir user de ruses pour qu’il déguste ne serait-ce qu’une seule bouchée de haricots verts. Et si on essayait ensemble de lui donner à nouveau le goût des bonnes choses avec Tiffany Deroyer, diététicienne-nutritionniste pédiatrique ? 

“Haricots, carottes, brocolis, à 2 ans Maude ne veut plus manger de légumes. Vrai vorace avant, vraiment je n’ai jamais eu à me plaindre, elle a toujours terminé ses assiettes. Mais je vous jure, les repas c’est l’enfer. Rien ne lui plait. Ah si, oui, c’est vrai, ses yaourts”.

Willy, papa de Maude, 2 ans et demi

Il me fait des caprices ?

Refuser de manger leurs légumes n’est pas un caprice, cela fait partie d’une période normale de leur développement. Dès 2 ans, les enfants commencent à affirmer leur choix et construisent leur propre identité. Oui, ce n’est pas une raison pour refuser tout ce qu’on leur donne mais ils tentent de vous montrer qu’ils sont là, qu’ils ont un avis et qu’ils peuvent prendre des décisions. D’autant plus qu’à cet âge, bien des enfants ont envie de faire d’autres choses : monter, grimper, jouer, apprendre. Ils deviennent autonomes et prennent plaisir à découvrir toutes les choses qu’ils peuvent faire et tester.

Que faire si bébé n’a pas mangé ses légu mes ?

Laissez lui quand même manger son dessert. Cet aliment ne doit pas faire l’objet de chantage. Le mieux est d ‘aider votre enfant à se familiariser avec l’aliment ou le légume. Par exemple, on ne l’oblige pas à en manger, mais on répète l’opération séduction jusqu’à 9 à 10 fois. C’est le nombre de fois qu’il faut pour qu’un enfant se familiarise avec un aliment. “Je t’en laisse un peu dans son assiette, goûte si tu veux”. Pas besoin d’en mettre une grosse portion, un peu suffit, une part symbolique, pour lui montrer sa forme, sa couleur et son odeur. C’est une période pendant laquelle différents domaines (alimentation, sommeil, autonomie…) doivent être ritualisés pour que les enfants soient rassurés et pour leur mettre des limites. Cette phase s’atténue avec le temps, les expériences quotidiennes et l’imitation.       

Un atelier cuisine pour faire manger des légumes à bébé  

Vous vous souvenez, on a découvert que faire la cuisine avec un enfant permet de développer plein de sens : créativité, intelligence, concentration, motricité… L’atelier cuisine, s’il est en âge de participer, peut être un bon moyen de lui faire apprécier les légumes. Il va les choisir, les cuisiner avec vous, les préparer, décorer les assiettes et cela peut tout changer quand vous passez à table. Le but est de partager ensemble ce repas, de jouer au critique gastronomique, de partager une vraie convivialité en famille.  

Ma carotte, elle s’appelle “Papi Popu”

Pour faire manger des légumes aux enfants, il existe la technique des noms marrants. On va trouver des noms décalés pour amuser les enfants et les intéresser à ce qu’il y a dans leur assiette. “Lolotte la carotte, tu sais d’où elle vient toi ?” Et hop, on lance une histoire autour d’un légume et on ruse pour lui faire manger cet aliment aux mille vertus. “Tu sais que la carotte rend intelligent ? Plus tu manges de carottes, plus tu vas être le roi des mathématiques, de la lecture…” OK, on ment un peu mais c’est pour la bonne cause.  

Monsieur patate dans l’assiette

Pour animer l’assiette vous pouvez dessiner des personnages avec les aliments. Des joues avec des chou-fleurs, une bouche en purée de carotte, un nez de tomate cerise. Si faire la cuisine aide à développer la créativité des enfants, elle met à l’épreuve celle des parents.

Quand consulter un professionnel de santé ?

Si :  

  • L’enfant ne grossit pas,
  • Ne grandit pas,
  • Sort de ses courbes de croissance,
  • S’il a des dégoûts,

On peut consulter un professionnel de santé (pédiatre, médecin généraliste, diététicienne-nutritionniste pédiatrique, orthophoniste…) pour comprendre d’où vient le souci et voir cela n’est pas en lien avec un trouble de l’oralité (refus de goûter de nouvelles textures, aversions des morceaux, hypersensibilités, réflexes nauséeux, absence d’exploration orale, répertoire alimentaire réduit, mise en place de stratégies aux repas).

Découvrir l’aliment autrement et sous d’autres formes  

Pour faire aimer les légumes aux enfants, vous pouvez vous aider d’aliments “copains” pour proposer les légumes sous d’autres formes que des poêlées, des purées. S’ils adorent les muffins au chocolat, cuisinez des muffins aux carottes. C’est bon les gâteaux de légumes. Un cake au fraises peut devenir un cake aux tomates et au brocoli ? Mais évitez de le faire tout le temps. L’enfant doit apprendre à déguster l’aliment sous sa forme première. Proposez-lui toujours un peu de ce légume sous sa vraie forme, même si c’est en quantité minime sur le bord de l’assiette ou lors de sa préparation à la cuisine.  

Mais surtout, encouragez, n’imposez pas les légumes à bébé

S’il faut faire preuve de persévérance pour faire aimer les légumes aux enfants, il ne sert à rien de leur imposer de tout terminer sous peine d’interdire le dessert. Il a testé ? C’est déjà une petite victoire. Encouragez-le et partagez le repas avec lui. Il sera d’autant plus content de voir que vous avez envie de passer un repas agréable avec lui qu’il fera des efforts. On goûte, on teste et si on n’aime pas, ce n’est pas grave : “Tu as goûté, je suis fière de toi, tu es devenu un peu plus grand aujourd’hui”.

C’est vrai après tout ? Les choses vont venir peu à peu.

Les légumes et féculents préférés des enfants à tester 

  • Patate douce,
  • Pomme de terre,
  • Haricots verts,
  • Tomate,
  • Carotte,
  • Petit pois,
  • Radis,
  • Epinards. 

Vous pouvez lui faire découvrir ces légumes dans des purées ou des soupes pour qu’il en mange.

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