Laetitia Bertignac : “la naissance de Jack a été mon plus grand combat mais ça en valait la peine”

Laetitia Bertignac : “FIV, pré-éclampsie, la naissance de Jack a été mon plus grand combat mais ça en valait vraiment la peine”

La maternité peut être un chemin semé d’embûches avant d’embrasser son bébé de tout son amour ! C’est sur ce même chemin que Laetitia Bertignac, maman d’un adorable Jack de 4 ans aujourd’hui, a longuement marché avant de connaître les joies de cette maternité tant attendue. Après un véritable parcours de combattante pour devenir mère, elle se confie à cœur ouvert sur sa vie de maman. Une vie pleine d’aventures, de péripéties, de rebondissements. Mais surtout une vie remplie de bonheur grâce à Jack !

Cela faisait un an qu’on essayait d’avoir un enfant avec Louis. Mais ça ne marchait pas… On a fait plein d’examens pour voir ce qu’il n’allait pas. Fertilité moins importante pour Louis, ovaires polykystiques chez moi. On a dû affronter un parcours de PMA avec 6 ou 7 inséminations, puis 2 FIV.

C’est vraiment compliqué pour un couple ce type de parcours. Il faut rester vraiment forts et soudés, surtout face à l’échec. D’ailleurs, mon gynéco m’a conseillé de prendre du temps pour souffler après la deuxième FIV.

On est parti vacances pour souffler

Et arrivée là-bas, j’ai saigné. Résignée et le cœur gros, je me suis dit “encore un échec”. Pour laisser tout cela un peu de côté, j’ai essayé de profiter au maximum de ces vacances et de penser à moi. “On réessayera plus tard”… On a multiplié les activités pour essayer de penser à autre chose.

Mais en rentrant à la maison je n’ai pas pu m’empêcher de faire un test de grossesse. Je voulais le voir de mes propres yeux pour tourner la page, et reprendre le parcours FIV sur de bonnes bases.
Et là : POSITIF. Je n’en croyais pas mes yeux ! Il a fallu attendre la prise de sang et l’échographie de datation pour que je le réalise vraiment. Bébé s’est vraiment bien accroché en fait. Et là j’ai commencé à en profiter. 

J’ai appris à gérer seule cette grossesse

Directement après notre retour de vacances, Louis est parti en tournée. J’ai dû gérer cette période seule mais je me suis bien occupée. J’ai choisi de mettre à fond dans la chambre de bébé !

Sauf qu’arrivée au troisième trimestre, je me suis mise à avoir des protéines dans les urines, des œdèmes, une prise de poids vraiment conséquente, de la tension… Tous les symptômes de pré-éclampsie.

J’ai donc dû être hospitalisée. Mon médecin m’a demandé de prendre soin de moi et d’en faire moins. Je suis restée à la clinique initialement pour une semaine en alitement strict, qui s’est finalement prolongée jusqu’à la fin de ma grossesse.

Mon accouchement a été déclenché

J’ai subi une césarienne d’urgence. Mais cela ne m’a pas fait peur. Ce que je n’avais pas prévu par contre, c’est d’être séparée si vite de mon fils à la naissance. Il a dû être transporté d’urgence à l’hôpital Necker, un hôpital spécialisé pour le soin des enfants. Comme il est né prématuré, ses petits poumons n’étaient pas très en forme, et il a dû être pris en charge en service de néonatologie pour l’aider.

Je n’étais pas dans la tête de Louis à cet instant mais il a dû être tellement perdu : Jack hospitalisé, et moi… qui repartait en salle… pour une hémorragie interne.

J’avais à peine eu le temps de voir mon fils. D’ailleurs le seul instant que j’avais pu partager avec lui, on a dû me le retirer tout de suite car j’avais envie de vomir. Finalement, j’ai dû passer 4 heures au bloc et partager les câlins tant attendus avec mon fils seulement 2 jours après.      

On a fait tout ça pour ça me suis-je dit. Moi transfusée. Jack à l’hôpital. Après tout notre parcours….

J’ai appelé ma sœur à l’aide

Elle a été là pendant 3 mois. Moi, j’ai tout rejeté à ce moment-là. Vraiment tout. L’accouchement, les complications de la grossesse, les PMA, les FIV. Comme une overdose de tout. Je suis restée bloquée là- dessus.

Et un jour : le DÉCLIC ! Au bout de 3 mois. Mon fils, je l’ai voulu. Je me devais de lui prouver mon amour. Il est tout pour moi. Et d’ailleurs, c’est mon grand combat  ! J’ai besoin qu’il soit bien, qu’il soit heureux, bienveillant, qu’il puisse trouver de la joie et du bonheur au quotidien. Même quand l’actualité ne joue pas en notre faveur… Car comme tous les parents, on a aussi beaucoup souffert du confinement !

La fermeture des écoles et ce rapprochement “forcé” m’a d’ailleurs alerté sur une suspicion de dyspraxie chez Jack. Chose dont je ne me doutais pas jusqu’alors.

Pendant le premier confinement j’ai remarqué qu’il avait du mal à dessiner, à couper des formes. La maîtresse m’en a averti quand il est retourné à l’école. Suite à ses recommandations, j’ai choisi d’aller voir une psychomotricienne. 

Dyspraxique ou pas ? Pour cela, j’ai dû mettre en place tout un parcours. Nous avons commencé par voir une psychomotricienne. Elle suit Jack régulièrement depuis. Et nous avons entamé des démarches pour aller plus loin, avec une neuropédiatre. Suite à cette consultation : pas de verdict. Il  faut attendre. Attendre quelques mois à nouveau avant que Jack n’ait le droit de passer des tests avec elle. En attendant, nous avons continué à creuser. Bilan avec un ophtalmo, bilan avec un ORL et poursuite des séances avec la psychomotricienne. Nous devons revoir bientôt la neuropédiatre pour faire les fameux tests avec tous les bilans. 

Mais ce qui est vraiment dur, c’est pour Jack. Il doit gérer l’école, les consultations, la fatigue de tout ça. Ce n’est qu’un enfant. Cela me fait mal au cœur, et cela, d’autant plus quand il me demande pourquoi il doit aller voir tous ces médecins.

Heureusement, le confinement a fait de moi une maman plus forte et plus patiente

C’est le positif que je tire de cette pandémie. La patience. Et surtout la possibilité de passer du temps avec mon fils. Aujourd’hui, je me trouve moins stricte avec Jack. Je profite des instants donnés pour être avec lui. Et lui laisser plus de liberté, moi qui étais si carrée avant tout cela ! On s’est mis à la cuisine. Il s’est découvert une passion pour les gâteaux ! Et on a même créé un poulailler ! Tout cela, en essayant de le faire dans la bonne humeur car ce n’est pas toujours évident ! Surtout actuellement…

Ah, ce 3e confinement ! Je vous ai évoqué ma patience, mais je l’avoue, elle a des limites… Et mon impatience impacte Jack qui ressent tout. Et il me fait sentir coupable d’être une mère impatiente, imparfaite, qui gronde parfois…

Je me dis que je dois prendre sur moi. Car quand nous sommes ensemble, je me plais à me rappeler que ce sont des moments précieux qu’on aurait peut-être jamais eu sans tous ces confinements. Tous ces partages, ces câlins. Mais j’ai une astuce depuis qu’il ne fait plus de sieste : il se couche tôt, là je peux souffler (un peu.)

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