Fausse couche : pourquoi continue-t-elle d'être tant minimisée ?

A la fois tabou et minimisée… qu’est ce qui se passe avec le sujet de la Fausse Couche dans notre société ?

“J’ai fait une fausse couche” : avez-vous déjà entendu une femme oser en parler ouvertement ? Si cette épreuve touche aujourd’hui 1 femme sur 10, elle reste pourtant minimisée par la société. Manque d’empathie, couples qui restent sans réponse après avoir perdu un enfant… Hommes et femmes se sentent souvent abandonnés et démunis. Ils font front ensemble, à deux. Mais seulement à deux et parfois même chacun de leur côté, car ils n’osent pas aborder cet échec ensemble par peur de réveiller cette blessure…

Pourtant aujourd’hui, recevoir une aide extérieure pour soutenir ces couples devrait couler de source… C’est en tous les cas ce que déplorent de nombreux scientifiques dans la revue The Lancet…

“Réessayez”

Ce mot “réessayez”, les couples qui ont vécu une ou plusieurs fausses couches ne cessent de l’entendre dans la bouche du corps médical. Tout comme dans celle de leur entourage, si tentés soient-ils de l’évoquer. Si certes il ne faut jamais lâcher. Mais vivre de tels échecs pour une femme est une véritable épreuve psychologique et physique. Car si pour certaines la nature aide à vivre “une fausse couche naturellement” sans aide médicale, d’autres doivent subir des curetages, prendre des médicaments abortifs… Le choc psychologique ne fait que s’amplifier et la peur de revivre cela peut causer de vrais traumatismes. Aider ces couples meurtris est donc plus nécessaire, c’est vital. 

Quel suivi et soutien psychologiques existe-t-il ? 

Malheureusement les couples ne sont pas suivis la plupart du temps après avoir vécu une fausse couche. On leur explique qu’il faut essayer de nouveau, et cela, sans mettre en place d’aide et d’écoute. Et c’est cela que déplore les auteurs d’un rapport paru dans la revue The Lancet. Les scientifiques soutiennent le projet de développer une vraie cellule de soutien psychologique pour venir en aide aux femmes et leurs conjoints après une telle épreuve. 

A qui se confier en France ? 

Des associations existant pour soutenir et accompagner les couples à se reconstruire après une telle épreuve, ils sont à votre écoute :

Il faut briser le silence autour de la fausse couche. Il faut mettre en place des traitements : soutien psychologique, pour le couple. Car le conjoint vit cette période compliquée avec sa moitié et lui aussi a besoin d’aide. Il faut à tout prix renforcer les soins. Ce suivi doit être renforcé au niveau mondial et interpellé les soignants, les décideurs politiques et les organisations de financement de la recherche. Certains comme la Nouvelle-Zélande, pays pionnier en matière d’égalité homme-femme, ont d’ailleurs pris les devants. Le gouvernement néo-zélandais a mis en place 3 jours de congé pour les couples qui ont vécu la perte d’un enfant. Une mesure applaudie par ailleurs par les associations féministes françaises.

Mais la fausse couche, comment s’en prémunir ?

Si toutes les femmes peuvent malheureusement être victimes de fausse couche, certaines sont plus à risque à cause de leur mode de vie : souci de fertilité, alcool, tabac, stress, travail de nuit, exposition aux pesticides, âge (plus de 40ans chez les 2 conjoints), couleur de peau (les femmes noires sont plus à risque), antécédents de fausses couches, poids (indice de masse corporel trop bas ou trop élevé).

Il faut de plus tenir compte que si le fœtus a des anomalies chromosomiques pendant la grossesse, la nature d’elle même peut stopper le développement et ne pas laisser le corps poursuivre le processus. 

Source :

The lancet

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