L’accessibilité en France ou prendre tout le monde en compte : état des lieux

On estime qu’en France près d’1 personne sur 5 a un handicap. Il faut également garder en tête que 4 handicaps sur 5 sont invisibles. Nous sommes tous.tes pour une société où chacun.e pourrait évoluer comme bon il lui semble. Mais qu’est-ce qui nous sépare exactement aujourd’hui de cet idéal et d’un meilleur accompagnement des enfants handicapés ? Des accompagnements sont parfois mis en place, mais sont-ils efficaces et suffisants ? Nous vous proposons un tour d’horizon sur l’état actuel de l’accessibilité en France pour les enfants. Et qui sait, peut-être que vous pourrez aider à votre tour à les mettre en place ?

Mais tout d’abord, mettons-nous d’accord sur les termes : l’accessibilité, c’est quoi exactement ?

L’accessibilité, c’est rendre une société inclusive. C’est-à-dire que cette société a été bâtie pour prendre tout le monde en compte, y compris et surtout les personnes ayant des besoins spécifiques. On peut ne pas toujours s’en rendre compte, mais notre société est largement construite sur des postulats. Par exemple, “tout le monde possède ses 5 sens”. Elle a aussi des codes, parfois implicites, comme avec l’intonation. Pour mieux comprendre les difficultés de compréhension que peuvent avoir les subtilités du langage, vous pouvez visionner cette vidéo de Valérie Jessica Laporte (alias @royaume.asperger sur Tik Tok) :

https://www.tiktok.com/@royaume.asperger/video/6936578117930667269?lang=fr&is_copy_url=1&is_from_webapp=v1

Aussi, il ne faut pas confondre l’inclusion avec l’égalité (donner la même chose à tous) et l’équité (répartir de telle sorte à rétablir une égalité qui n’existe pas). L’inclusion, c’est accueillir chaque enfant comme il est, avec ses besoins spécifiques. Mais ce n’est pas traiter chaque personne de la même manière ! Cela reviendrait à invisibiliser les besoins spécifiques de chaque enfant. C’est une fois cette inclusion faite qu’un endroit (réel ou virtuel) devient accessible, notamment dans les Etablissements Recevant Public (ERP). Les restaurants, les écoles, les cinémas…

L’accessibilité motrice et sensorielle

Quand vous choisissez un restaurant, quel est votre premier critère de sélection ? Le prix, le choix, la qualité, le menu, les desserts ? Les minces adorent les desserts. Moi, quand je vais au restaurant, la première chose que je regarde, ce sont les chaises. Est-ce qu’elles sont adaptées, ont-elles des accoudoirs, sont-elles solides ? Est-ce que l’espace entre les tables est adapté à ma morphologie ?

Caroline Idoux, J’habite dans une grosse dame, TedXNouméa

Ce sont les personnes en fauteuil roulant, avec des béquilles, obèses, celles à qui il manque un des 5 sens… On réserve généralement des places spéciales aux personnes à mobilité réduites. Ça peut être des places de parking, des places prioritaires dans les transports en commun…

Cependant le trajet en lui-même n’est pas toujours facilité et chaque handicap a ses propres besoins ! Ainsi l’escalator peut aider un enfant qui a des béquilles, mais pas en fauteuil roulant, ce qui rend le métro inaccessible à nombre d’entre eux. Faciliter le trajet, c’est aussi prévoir des traces à suivre sur le sol pour celles et ceux qui sont malvoyants, des poteaux émettant de la musique mais aussi la vitrophanie (vous savez, ce sont les autocollants à mettre sur les surfaces vitrées comme les portes et les vitrines pour les rendre visibles comme surfaces à éviter).

Pour faciliter le trajet, les parents peuvent télécharger certaines applications, comme Moovit, qui ont pour but de tracer des itinéraires 100% accessibles. Système vocal pour les malvoyants, boutons plus larges pour la mobilité réduite, possibilité de rechercher des itinéraires compatibles avec un fauteuil roulant… Il sera plus facile pour l’enfant de maîtriser et comprendre son trajet ! Un défaut : ces applications se limitent aux plus grandes villes à travers le monde comme Paris.

L’accessibilité cognitive

On parle ici des troubles de l’apprentissage, de la compréhension, de l’attention, de l’hyperactivité, des déficiences mentales ou encore de la mémoire.

Un des enjeux est de rendre les textes et les consignes Faciles À Lire et à Comprendre (FALC). Concrètement, le FALC consiste à :

  • utiliser des mots du langage courant
  • des phrases courtes (une ligne)
  • des pictogrammes pour accompagner la lecture du texte
  • une mise en page claire et aérée
  • aller droit au but

Mais pour l’accompagnement des enfants à l’école, comment ça se passe ? Ils peuvent avoir cours dans des classes particulières comme les dispositifs ULIS (Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire) avec des éducateurs spécialisés (qui peuvent parler en langue des signes par exemple). Ils peuvent aussi suivre les cours dans des classes classiques avec un-e AVS (Auxiliaire de Vie Scolaire) à leurs côtés pour les aider tout le long des cours. Certains établissement proposent gratuitement des ordinateurs en braille pour leurs étudiants malvoyants.

L’accessibilité pour les personnes ayant des troubles autistiques

Les personnes atteintes de ce trouble sont plus facilement perturbées par la stimulation de leurs sens. La plupart des ERP en France ne sont pas encore adaptés à ces personnes. Mais ceux qui l’ont fait ont instauré une heure calme. Cela consiste en une heure d’ouverture de l’établissement où :

  • la musique et les escalators sont coupés,
  • les lumières sont tamisées,
  • les employés sont présents mais ne remplissent pas les rayons.

Amener un enfant autiste dans un magasin pendant ces heures permet de rendre l’exploration du monde extérieur moins stressante. Certains établissements sont également pensés pour être parfaitement inclusifs. Par exemple les cinémas soutenus par l’association Ciné-ma Différence sont ouverts aux personnes ayant des troubles moteurs, proposent leurs films en VFST et en audiodescription, adaptent le niveau sonore à la demande, prévoient des bénévoles pour accompagner et rassurer. Les enfants et leurs parents y auront la possibilité d’exprimer librement leurs émotions, sans avoir à redouter la réaction des autres !

Malheureusement, il reste encore rare de trouver des établissements complètement inclusifs avec du personnel formé. Mais on peut toujours demander aux établissements comme les restaurants de réserver les coins les plus tranquilles ou de diminuer la musique ambiante, ou chez le coiffeur de demander de patienter dans une pièce à l’écart plus calme pour faciliter ce moment.

Attention à l’invisibilisation des handicaps !

Tous les handicaps ne sont pas impressionnants comme l’absence d’un membre ou une parole incontrôlée. Un trouble de l’oreille interne qui fragilise l’équilibre, un manque de motricité fine qui empêche d’appuyer sur un petit bouton ou de dessiner précisément, un trouble de l’attention qui peut être facilement confondu avec un enfant “dans la lune” sont aussi des handicaps. Il vaut mieux donc éviter les conclusions hâtives : un enfant qui tourne et roule sans arrêt par exemple n’a pas pour but d’attirer les regards de tout le monde. Il peut être hyposensible et rechercher constamment le mouvement.

Prendre en compte tous les handicaps c’est aussi adapter les temps de travail et de repos, faire des boutons assez gros sur les téléphones et les tablettes, faire lire des livres avec une écriture assez grosse et lisible, proposer des sites avec un mode audio pour une page web…

Sources : Informations Handicap & BlogHopToys (le blog d’une marque qui propose des solutions pour une société plus inclusive 🥰 )

 

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