Punir, gronder, vous détestez cela et puis ça ne fonctionne jamais avec votre enfant... Et si on éduquait autrement ?

Punir, gronder, vous détestez cela et puis ça ne fonctionne jamais avec votre enfant… Et si on éduquait autrement ?

“Tu vas aller au coin si tu continues… “Arrête cela tout de suite !”…. Punir, gronder, vous détestez cela, mais quand il fait un bêtise vous ne savez comment réagir autrement. Mais le souci : quand vous essayez, ça ne fonctionne jamais… Punir, ne pas punir, telle est la question, et si on apprenait à faire autrement avec son enfant pour le raisonner et le faire grandir ?

“Je déteste punir mon fils mais je n’ai pas d’autres moyens de lui faire comprendre ses bêtises et c’est souvent actuellement. Il n’arrête de faire bêtise sur bêtise et j’ai beau le punir rien n’y fait, il ne lâche pas. Il monte partout, et il s’en moque vraiment, c’est comme un défi quand je dis non, car il le fait de nouveau. Je lui dis de ne pas courir. Il me regarde en se marrant. Et il se barre à toute vitesse, et j’ai peur qu’il tombe. Je me mets à crier. Je pense qu’il comprend les règles en plus. Et je m’en veux tout le temps après. Je veux essayer de lui faire comprendre les conséquences de ses actes mais je ne suis pas sûre de faire comme il faut. Arrêter de le punir et tester autre chose ?”

Valérie, maman de Luc, 4 ans.

Tu as vu ce que tu as fait !

Comment faire comprendre à son enfant que ce qu’il a fait n’est pas bien. Qu’il n’aurait pas dû faire cela… Punir vous semble évident, vu la bêtise énorme qu’il vient de commettre. Hors de vous, il vous semble même logique non seulement de hausser le ton mais en plus de le laisser au coin pour qu’il comprenne. Mais qu’il comprenne quoi ? Car gronder un enfant en plein pic d’émotion quand il est en colère, quand il pleure, est souvent peine perdue. De même avec un adulte non ? Car a-t-on déjà pu vous raisonner en pleine tempête d’émotions après une dispute ? 

Et si on papotait tout doucement ensemble ?

Avant de commencer à raisonner notre polisson, essayons déjà de baisser le ton. Car rien ne sert de crier ou de hausser la voix, si votre enfant lui-même crie. Il faut se préparer à accueillir les émotions de l’enfant. Chuchoter va aider à détendre l’atmosphère et va pousser l’enfant à écouter votre voix. Il ne s’y attend pas, il est surpris, et cela peut aider à le rassurer. Vous l’avez entendu. Vous êtes à son écoute. Plus la peine de le punir, “On va passer un peu de temps tous les deux pour comprendre pourquoi tu as agi comme cela”. Vous lui apprenez à régler un conflit sans dispute, sans heurt, et cela va l’aider à devenir une personne bienveillante. 

On laisse tomber le TU accusateur

Crier, l’accuser, on voit bien que ça ne sert à rien. Il faut lui décrire la situation quand il fait une bêtise. Laissez tomber le “Non tu as vu ce que tu as fait là” car l’accuser va aggraver la situation. Il faut l’aider à prendre conscience de la situation. Rappelez-lui la scène, ce qu’il vient de se dérouler sous vos yeux. 

“Quand il fait mal à son frère, je ne dis pas “tu lui as fait mal”, mais regarde ton frère, il a l’air d’avoir mal le pauvre. Comment on peut réparer cela ? Je l’incite à trouver un truc à faire pour se faire pardonner. Je le mets sur la piste… Bon ça ne fonctionne pas tout le temps mais j’essaie. J’essaie de lui apprendre d’autres manières de se comporter. Lui montrer ce qui est bien, ce qui est mal.”

Carolina, maman de Hugues, 6 ans.

Grandir c’est pas facile !

“A 3 ans ou 18 ans, il va en faire des bêtises, et est-ce que j’ai vraiment envie d’être tout le temps derrière à hurler ? NON. Vraiment. J’ai envie de l’aider à s’élever. Même si l’élever sans le punir c’est compliqué des fois, je crois que crier est bien plus dur pour moi. Mais quand je vois comment il se comporte quand il a compris sa bêtise, je suis vraiment fière de lui, et de moi. Je me dis qu’il comprend, qu’il grandit. Il se responsabilise et apprend à faire autrement.”

Carolina

Responsabiliser c’est tout l’objectif d’éduquer sans punir. Car gronder n’a jamais inciter à reconnaître sa bêtise. Au contraire, il faut une écoute bienveillante et un accompagnement pour l’enfant, pour comprendre pourquoi il agit comme cela. On ne va pas lui marteler la phrase “ce que tu as fait c’est mal”. On va l’amener à une réflexion “pourquoi as-tu fait cela, je ne t’ai jamais vu faire cela, que s’est t-il passé, raconte moi”. Il faut lui montre combien on croit en lui, on sait qu’il n’a pas voulu blesser. On l’encourage à bien faire. On lui enseigne la bienveillance envers l’autre et on l’accompagne à réfléchir.

Les neurosciences nous montrent maintenant l’inefficacité sur le long terme des punitions. Car, des études vraiment sérieuses mettent en avant le fait que les punitions peuvent être destructrices de la confiance en soi chez l’enfant. En effet, le cerveau mis en alerte va réagir tout d’abord en créant un figement du corps, puis celui-ci va réagir par l’attaque ou la fuite. Depuis la nuit des temps, l’homme doit se défendre contre certains dangers.

Il y a bien longtemps nous devions nous défendre contre des bêtes féroces… à nos jours, ce n’est plus le cas mais notre cerveau a gardé cet héritage. Cela s’appelle les réflexes archaïques qui sont programmés dans le cerveau archaïque. Celui-ci est à la base de notre fonctionnement comme au rez-de-chaussée d’un immeuble et puis au 1er étage. Il y a les émotions avec le cerveau limbique et ensuite au 2e et dernier étage les apprentissages (lecture, maths, logique…) avec le néocortex.

Si l’alarme sonne au rez-de-chaussée, personne ne va monter dans les étages ! Au contraire on va fuir ou combattre ! Et bien c’est la même chose dans le cerveau d’un enfant qui panique devant une punition. On se souvient tous d’avoir déjà entendu un parent dire “c’est fou comme après une bonne punition on l’entend plus”… logique… l’enfant est bloqué dans son réflexe de peur, il fuit…. Et peut être que plus tard il mettra en place des subterfuges comme le mensonge pour éviter la situation…  Ou alors “c’est dingue ça, il se fait punir et il recommence direct après”, c’est alors l’attaque qui prend le relais “.

Claire Pelletier, reflexologue  

Un cerveau toujours en pleine construction

N’oublions pas que le cerveau de nos enfants est immature et qu’il est important d’accompagner leurs apprentissages avec des alternatives plus efficaces sur le long terme. Parlons alors de “réparation” au lieu de “punition”, tout cela dans un cadre bienveillant avec la pose des limites.

Article co-rédigé avec Claire Pelletier, psychopédagogue et consultante en intégration des réflexes . Vous pouvez la retrouver sur son site et sur Instagram.

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