En tête à tête avec Caroline, maman d’Aden, 1 mois.

Chaque mois, nous mettons en lumière le profil d’une maman de la communauté qui nous a particulièrement touché et inspiré.
Ce mois-ci,  on vous présente Caroline. Cette jeune maman de bientôt 41 ans travaille comme directrice d’école à Gex, dans l’Ain. Il y a 6 ans, elle a rencontré celui qui deviendra son mari un peu plus tard, en 2018. Depuis peu, elle est l’heureuse maman d’un petit Aden, né début janvier 2022. Caroline nous raconte avec une infinie douceur l’arrivée de ce “bébé miracle”.

“Quand on s’est mariés en août 2018, c’est tout naturellement qu’on a commencé à vouloir faire un enfant… mais sans succès. Comme certains couples, on a donc entamé un parcours de PMA/FIV. Et comme pour beaucoup d’entre eux, ça a été un parcours super long et super compliqué où on remet son corps entre les mains de médecins pas toujours très psychologues ni à l’écoute de nos doutes et nos craintes. Tout ça s’est encore complexifié avec l’arrivée du Covid qui a gelé tous les process : j’ai dû attendre presque un an et demi entre la dernière insémination et la FIV suivante. Je naviguais entre attente et échecs. J’étais dévastée. Et puis un jour, sans l’aide de médecin et alors que je commençais à perdre espoir, je suis tombée enceinte à 40 ans.” 

Comment on se sent, quand on apprend qu’on est enceinte à 40 ans ?

Franchement, après toutes ces années de galères, on n’arrive même pas à réaliser. La première chose qui m’est venue en tête c’était : “plus jamais de test de grossesse !” Mais l’angoisse a rapidement pris le pas sur l’euphorie. Je n’avais qu’une peur : faire une fausse couche précoce. J’avais déjà vécu une fausse couche pendant la PMA et je ne voulais surtout pas revivre ça.
Après des années de surmédicalisation, on s’est ensuite retrouvés balancés dans la nature , sans personne, sans explication.

“Félicitations, vous êtes enceinte. Vous pouvez rentrer chez vous.”

Je crois que le pire moment, c’est quand j’ai fait les marqueurs sériques de la trisomie 21. Comme j’ai plus de 40 ans, le test était “naturellement” mauvais (1/100) mais ça personne ne me l’avait expliqué ! On me remet une ordonnance dans la main et je me retrouve à faire le test DPNI (une prise de sang pour approfondir le diagnostic), et au final tout était ok. Heureusement, mon mari était beaucoup plus calme et rationnel. Je ne sais pas comment j’aurais tenu sans lui ! D’ailleurs passé ce premier trimestre de grossesse chaotique, je suis entrée dans une sorte de “lune de miel” : pas de nausées, pas de maux particuliers.
J’avais peur d’être fatiguée, de ne pas réussir à gérer correctement ces chamboulements physiologiques du haut de mes 40 ans. Mais finalement, tout s’est incroyablement bien passé.

Et puis le jour de l’accouchement arrive…

J’ai assez mal vécu le congé maternité. J’avais trouvé cette dernière ligne droite interminable. Surtout qu’en pleine période de Covid, je ne pouvais voir personne.
Jusqu’au jour où : ENFIN, les contractions arrivent. De 3h du matin à 13h, elles vont et viennent mais restent espacées de 20 minutes. Les contractions sont douloureuses, mais je les savoure tellement : elles veulent dire que ça y est, je vais enfin être maman. Je vis toute cette phase assez sereinement. D’ailleurs quand mon mari pointe son nez pour déjeuner, je le rassure et lui dis qu’il peut retourner travailler. Pour moi, on a encore le temps. Une heure plus tard, je l’appelle en catastrophe : les contractions n’ont plus que 2 minutes d’intervalle ! La maternité où je vais accoucher est à 45 minutes de la maison, donc pas de temps à perdre. D’autant plus que sur la dernière échographie, on m’a annoncé une présentation en siège décomplétée (les fesses en avant), avec un risque de césarienne. Après tout ce qu’on a vécu pour en arriver là, je ne veux pas prendre de risque.
Arrivée à la maternité, on m’annonce qu’Aden est finalement passé en siège complet (les pieds en avant). Mais comme j’étais déjà dilatée à presque 8cm, l’équipe médicale a quand même voulu tester la voie basse… qui n’a pas abouti.
Après une rachianesthésie, une césarienne, et 5 heures en salle de réveil, j’ai enfin pu tenir mon fils tout contre moi en peau à peau.

Le retour à  la maison a été très dur

Malgré mon bonheur d’être enfin maman, le retour à la maison était très compliqué. Tout comme la grossesse, personne ne nous avait préparés et on s’est retrouvés complètement perdus. Les pleurs de bébé, les petits bruits de régurgitation la nuit qui nous font sursauter et nous empêchent de dormir, et toutes ces questions qu’on se pose quand on sort de la maternité, où on avait tout le personnel sur place en cas de besoin.
Du jour au lendemain, on se retrouve seuls, avec ce petit bébé qu’on chérit comme un trésor, et on est terrorisés de lui faire du mal ou de ne pas comprendre ses besoins.
Dès qu’il pleurait, je pleurais. J’avais l’impression de faire tout mal. C’est très certainement ce baby blues, dont j’avais certes entendu parler, mais auquel je ne m’étais pas du tout préparée. Comment peut-on s’y préparer, de toute façon ?
Aden a trois semaines maintenant. J’ai enfin compris que tous ces pleurs étaient ok et je commence à me sentir mieux. Notre nouvelle vie de famille se met en place tout doucement.

“On a encore du mal à réaliser …”

Aujourd’hui, quand on regarde notre petit Aden dormir tout tendrement, on a encore du mal à réaliser. Les premiers jours, mon mari a pu profiter des nouvelles règles du congé paternité pour passer un maximum de temps avec Aden et moi. Une nouvelle vie s’offre à nous. On va en profiter pour prendre un nouveau départ : on espère déménager bientôt dans une maison avec jardin, qui va nous permettre de tisser notre cocon dans les meilleures conditions !

Un petit message pour toutes les mamans qui passent par les mêmes choses que toi ?

A toutes les mamans qui, comme moi, ont rencontré leur mari tard et ont galéré à tomber enceinte : accrochez-vous ! Le jeu en vaut la chandelle, et l’amour triomphe toujours.

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